Le tourisme vert est une forme de tourisme tournée vers la découverte de la nature et des territoires préservés, avec un souci constant de respect de l’environnement. Il existe depuis plusieurs années, notamment en Europe du nord, et s’impose aujourd’hui comme l’une des grandes tendances du tourisme durable en France. Préservation des milieux, éducation des voyageurs, participation à des actions de valorisation du patrimoine local : autant de points qui séduisent de plus en plus de voyageurs. Tour d’horizon de cette tendance qui permet de concilier vacances et préservation des milieux, sans tomber dans les pièges du greenwashing ni dans ceux du surtourisme.
Qu’est-ce que le tourisme vert ?
Ce type de voyage consiste à privilégier la nature, le calme et le contact avec les habitants, loin des grands complexes et du tourisme de masse. Concrètement, on séjourne à la campagne, en montagne ou sur un littoral préservé, on se déplace en douceur et on choisit des offres locales, qu’il s’agisse d’activités, de repas ou de nuitées. C’est une manière de découvrir un territoire à son rythme, très prisée des voyageurs en quête d’authenticité. Un séjour au vert qui laisse le moins de traces possible.
Écotourisme et tourisme durable : quelles différences ?
Ces notions sont souvent employées l’une pour l’autre, et nous le faisons parfois nous-mêmes sur ce blog. Elles n’ont pourtant pas tout à fait le même sens.
Le tourisme vert met l’accent sur la nature et les espaces ruraux ou littoraux. C’est l’idée de départ : s’offrir un peu d’air loin de l’agitation des villes. L’écotourisme va plus loin. Il vise à protéger les milieux naturels et impose que les bénéfices reviennent aux populations locales.
Le tourisme durable est la notion la plus large. Il cherche à limiter les impacts du voyage sur trois plans : environnemental, social et économique. Il regroupe plusieurs formes du tourisme durable, comme le tourisme responsable, qui engage les voyageurs et les professionnels du tourisme dans une démarche exigeante, le tourisme solidaire, centré sur les retombées pour les habitants, ou encore le slow tourisme, qui invite à prendre son temps.
Dans les faits, le tourisme vert et écotourisme se rejoignent le plus souvent, et c’est pourquoi vous verrez les deux termes cohabiter dans cet article.
Les principes du tourisme vert
Plusieurs conditions majeures sont à prendre en compte dans le cadre de ce type de séjour. Nous en avons répertorié les principales.
La préservation de la biodiversité pour assurer la pérennité des espèces dans leur habitat naturel. Au-delà du travail de protection, il est parfois nécessaire de restaurer les écosystèmes fragiles qui ont souffert des actions de l’homme.
Un travail d’éducation des touristes sur l’importance de la conservation de la nature et sur les spécificités des milieux visités permet de sensibiliser les visiteurs à la fragilité du vivant. Les acteurs du tourisme locaux, guides, hébergeurs ou offices de tourisme, jouent ici un rôle clé, mais chaque voyageur est aussi un acteur du tourisme à part entière.
Une démarche de développement durable, avec des actions concrètes, est souvent mise en avant. Son but est de minimiser les impacts négatifs des activités humaines sur la nature.
Les bénéfices doivent revenir aux acteurs locaux impliqués dans la préservation des lieux, et nourrir une économie locale vivante. Les communautés voisines, elles aussi, finissent par être touchées si rien n’est fait.
Enfin, le développement de structures et de ressources basées sur des solutions écologiques et renouvelables, à faible impact, afin de préserver les ressources naturelles.
Les activités à pratiquer
Orientées vers la préservation de la nature et la valorisation du patrimoine culturel local, les activités proposées en pleine nature se veulent respectueuses des principes qui les animent. Voyager avec cet objectif permet de profiter pleinement des paysages sans risquer de les abîmer. Vous aurez ainsi l’occasion de visiter des lieux que vous n’auriez sans doute jamais vus dans un séjour plus « traditionnel ».
Voici quelques activités qui sont en adéquation avec cette façon de voyager :
Le tourisme à vélo
Il s’agit de l’une des meilleures activités écotouristiques, qui peut être pratiquée de partout. Ce moyen de transport permet de découvrir des endroits cachés et des trésors naturels, hors des sentiers battus. Excellente pour la santé, cette activité vous laisse aussi visiter les Parcs Nationaux à votre rythme, en vous arrêtant au gré de vos envies, après vous être assuré que la zone n’est pas interdite.
C’est le moyen idéal pour parcourir un pays et ses régions. En France, les itinéraires les plus connus sont la route de la Loire, la Via Rhona, la Vélodyssée et la Route du Rhin, pour ne citer que ceux-là. Si vous êtes amateur de sensations fortes, sachez que de nombreux sentiers de montagne se parcourent aussi en VTT.
La marche
La marche est le moyen de transport primitif par excellence, celui qui nous ramène à notre condition d’être humain bipède. Au-delà du bénéfice pour la santé physique, c’est aussi l’occasion de faire un travail d’introspection, en harmonie avec la nature.
Grâce à la lenteur de cette pratique, vous pourrez prendre le temps de découvrir la culture locale. Que vous soyez amateur de balade du dimanche, de marche nordique ou de treks en haute montagne, la marche vous procurera du bien-être en plus de vous ouvrir les yeux sur votre environnement. Vous trouverez notamment de nombreux sentiers de grande randonnée, à l’instar du GR34, qui traversent les plus belles régions françaises. Avis aux amateurs de randonnée !
Le snorkeling
Si vous avez choisi une destination de bord de mer, le snorkeling est l’une des activités nautiques les plus accessibles pour observer la richesse de la faune et de la flore marines. Il suffit d’un masque et d’un tuba, voire d’une paire de palmes. Attention à utiliser une crème solaire non toxique pour ces paradis marins. Vous pourrez croiser des espèces rares, souvent en danger, qu’il convient de seulement regarder. Il ne s’agit en aucun cas de pratiquer le « feeding », qui consiste à nourrir les poissons ou les requins. Cette pratique est souvent proposée avec le snorkeling mais va à l’encontre des règles de la nature. À fuir donc si jamais on vous la propose.
Découverte des parcs naturels
Ces sites naturels protégés permettent d’observer des espèces végétales et animales endémiques, voire menacées. Parc national ou réserve, la plupart sont accessibles en voiture, mais c’est à pied que l’on apprécie le mieux ces lieux préservés des nuisances de la vie humaine. Économique et apaisante, cette activité vous fera découvrir à coup sûr des endroits à couper le souffle.
Le canyoning
Activité plus difficile à pratiquer du fait des conditions nécessaires, ce sport demande aussi une météo favorable. Sport outdoor, il mélange spéléologie, randonnée pédestre, escalade et alpinisme. Il faut savoir surmonter son vertige, mais aussi savoir nager. Pratiqué en eaux vives ou dans des via ferrata, il vous plonge dans la nature sauvage de certains parcs nationaux !
Où pratiquer le tourisme vert en France ?
La France offre une incroyable variété de paysages, et chaque destination touristique a sa façon d’accueillir les visiteurs. Même à deux pas des grandes villes, certains espaces verts offrent une première immersion. Voici quelques idées, avec un petit faible pour le littoral, notre terrain de jeu favori.
En Bretagne, le sentier des douaniers permet de longer la côte à pied, et l’île de Houat, au large de Quiberon, est une destination idéale pour ralentir. Si c’est votre première fois, notre guide pour savoir où aller en Bretagne pour la première fois vous aidera à choisir.
Sur la façade atlantique, le Parc naturel régional des Landes de Gascogne offre forêts, rivières et sentiers à parcourir sans se presser. En Méditerranée, le Parc national des Calanques, près de Marseille, ou celui de Port-Cros, dans le Var, rappellent que même les littoraux très fréquentés abritent des zones fragiles à respecter. Et si vous préférez l’intérieur des terres, le Morvan, le Luberon ou la Camargue valent le détour.
Comment choisir un séjour éco-responsable ?
Voyager de manière responsable ne demande pas de tout bouleverser. Quelques réflexes suffisent pour un tourisme plus responsable et un voyage plus durable, même pendant vos vacances d’été.
Côté hébergement, optez pour une adresse engagée, idéalement avec une certification reconnue comme la Clef Verte ou le label Green Globe, gage d’une vraie gestion environnementale. Les hôtels, gîtes et chambres d’hôtes peuvent tous y prétendre. Un hébergement insolite, comme une cabane sur l’eau, peut aussi s’inscrire dans cette logique, à condition que l’exploitant respecte lui aussi le milieu.
Pour vous déplacer, le train, le vélo ou la marche sont des modes de transport plus respectueux de l’environnement que la voiture. Ils réduisent votre empreinte carbone et votre empreinte écologique, en limitant les émissions de CO2.
Une bonne gestion des déchets commence dans votre sac : gourde, sacs réutilisables, et l’on repart toujours avec ses déchets, même au bout du sentier, pour éviter tout impact négatif sur l’environnement. C’est aussi une façon de participer à la lutte contre le gaspillage.
Enfin, le développement du tourisme durable dépend aussi de vos choix de consommation. Mangez local, rencontrez les producteurs, soutenez les entreprises touristiques de la région, et n’hésitez pas à associer tourisme culturel et nature en visitant un petit musée ou un site du patrimoine.
Instagram, surtourisme et réseaux sociaux : méfiez-vous des lieux à la mode
C’est un point que l’on oublie trop souvent : les réseaux sociaux, et Instagram en tête, jouent aujourd’hui un rôle dominant dans le surtourisme. Une crique, une cascade ou un point de vue partagé quelques centaines de fois avec sa géolocalisation peut passer en quelques mois du statut de secret bien gardé à celui de spot saturé. Sentiers piétinés, stationnements sauvages, déchets abandonnés, faune dérangée : les lieux les plus photogéniques sont aussi les plus fragiles.
Suivre aveuglément les tendances d’Instagram ne fait donc pas partie des bonnes pratiques d’un voyageur responsable. Courir vers le lieu du moment, c’est souvent reproduire, avec un joli filtre, les mécanismes de la sur-fréquentation. Quelques réflexes aident à garder la tête froide :
- Ne pas choisir sa destination uniquement sur la foi d’une photo, et croiser avec des sources locales : office de tourisme, guides, gestionnaires d’espaces protégés.
- Partager sans géolocaliser précisément les lieux sensibles, en indiquant plutôt la commune qu’un point GPS.
- Éviter les périodes et les horaires de pointe, et préférer les ailes de saison.
- Rester sur les sentiers balisés, même pour la photo parfaite, et respecter les zones interdites.
- Alterner les lieux célèbres et les endroits moins connus, qui profitent aussi mieux aux commerces du coin.
Rappelons-le : une belle photo ne vaut jamais le piétinement d’une dune ou le dérangement d’un nid. Le meilleur souvenir reste celui d’un lieu que l’on a laissé intact.
Les défis du tourisme responsable : les dérives à éviter
Si nous devions résumer, le tourisme vert peut être défini comme un voyage responsable dans des lieux naturels préservés, qui assure le bien-être des populations d’accueil tout en impliquant une médiation sur le sujet. Vous l’aurez compris, sur ce blog, nous militons pour que cette façon de voyager se développe, tout en conservant son âme. Car le danger de voir des dérives apparaître est grand avec certaines personnes peu scrupuleuses, et le greenwashing guette, y compris dans le secteur du tourisme. Des touristes en vacances, moins sur leurs gardes qu’en temps normal, peuvent se faire aisément berner. Il est donc de la responsabilité de chacun de prendre garde et de s’informer sur son voyage : labels, avis, sites officiels. Pour que nous puissions encore longtemps continuer à profiter des richesses de notre Terre.
Questions fréquentes
Quels sont les trois piliers du tourisme durable ?
Ce sont l’environnement, le social et l’économique. Un séjour est durable lorsqu’il protège les milieux, respecte les habitants et profite aux acteurs du territoire.
Quelles sont les activités possibles ?
Vélo, randonnée, snorkeling, observation de la nature ou canyoning : toutes les pratiques douces et respectueuses des lieux en font partie.
Peut-on partager ses photos de voyage sans nuire aux lieux ?
Oui, à condition d’éviter la géolocalisation précise des sites fragiles et de ne pas pousser vos abonnés vers des endroits déjà saturés.
